03 novembre, 2008

TGV


Le musée de l’homme et le téléphone au fond des toilettes d’un TGV

(c) Libération 28 octobre 2008

Un mobile au fond des WC, et le TGV s’arrêta



« Dimanche après-midi, il est 17 h 10 lorsque le TGV la Rochelle-Paris s’arrête en gare de Surgères (Charente-Maritime). A peine vingt minutes se sont écoulées depuis le départ du train qu’un voyageur se coince malencontreusement le bras dans la cuvette des toilettes de la voiture 15.
Les passagers ne le savent pas encore. De fait, la première annonce faite au haut-parleur reste floue : «L’état de santé d’un passager nécessite l’intervention des pompiers. Nous sommes arrêtés pour une durée indéterminée.» Certains préfèrent descendre du train pour s’en griller une. Dix minutes plus tard, les sirènes. Pas moins de trois véhicules approchent. «Ça y est, ils arrivent», commente un des voyageurs. Un agent SNCF se poste devant la voiture 15 et se met à faire de grands signes. Les pompiers s’engouffrent. Un quart d’heure plus tard, le haut-parleur se remet à grésiller. Tout le monde tend l’oreille. «Un passager s’est coincé le bras dans les toilettes en voulant récupérer son portable tombé dans la cuvette. Nous vous tiendrons au courant dès que nous en saurons plus.» Le ton est sérieux, mais le sourire dans la voix perceptible. Interloqués, les passagers se regardent… et se marrent. Les commentaires, railleurs, fusent : «Après ça, il va y avoir un panneau dans les chiottes : "Il est interdit de récupérer son portable dans la cuvette des toilettes !"» Nombreux sont ceux qui dégainent les téléphones pour raconter l’histoire à leurs proches : «Tu ne vas pas me croire…»
Une heure plus tard, l’affaire est au point mort. Les pompiers n’arrivent pas à dégager le jeune homme. Le wagon est évacué, le circuit électrique coupé. La nuit tombe. Un médecin examine le prisonnier de la cuvette, qui, selon l’un des pompiers, est en train de «craquer». La décision est prise : les toilettes vont être découpées à la scie lapidaire. Le bruit est glaçant. Des odeurs de brûlé et de plastique fondu s’échappent du wagon, ainsi qu’une fumée blanche. «On découpe le bonhomme», plaisante l’un des pompiers. La fin est proche. Un agent SNCF prie les voyageurs de rejoindre leur place, car «après tout ça, vous pouvez comprendre que le monsieur n’a pas vraiment envie de vous voir tous agglutinés ici. On ne veut pas qu’il fasse une crise de nerfs». Soit. Vingt minutes plus tard, l’homme est extirpé du train qui repart aussi sec. Dans l’obscurité, on a juste le temps d’apercevoir l’homme sur une civière, la lunette des toilettes encerclant son bras. «Le jeune homme souffre au niveau du coude mais il n’a pas de fractures», ont précisé les pompiers. L’incident, fâcheux, aura pris plus de deux heures. Si le remboursement des billets est exclu, la SNCF n’y étant pour rien, quelques plateaux-repas sont par la suite proposés, avec une petite précision du contrôleur : «Les femmes et les enfants d’abord, comme dans un naufrage.» »

JULIA TISSIER ( c) Libération 28 octobre 2008

Musée de l’homme 2008 Musée de l'homme

1 Comments:

Anonymous balein said...

Dans la série des situations les plus débiles qui amènent aux urgences, celle-ci est bien sympathique... Et oui, on ne le répéera jamais assez fumer ou téléphoner aux toilettes est interdit...pour la sécurité.

6:43 PM  

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